Toi aussi ne sois plus tout seul avec ta stomie !

Auteur/autrice : STOMALOR

  • Trucs et astuces pour un été serein

    Trucs et astuces pour un été serein

    L’arrivée des beaux jours et des vacances estivales s’accompagne souvent de questions très pratiques lorsque l’on vit avec une stomie. Comment gérer la chaleur, la transpiration? Comment appréhender le voyage en avion ou la baignade ?

    Comment « se faire plaisir sans renoncer » ? Stomal’Or est ravi de vous partager la webconférence organisée par Mon Réseau Cancer Colorectal. Élodie, fondatrice de Stomal’Or, y a participé aux côtés de Violette (iléostomisée et ancienne hôtesse de l’air) et de Jacques (colostomisé et très actif au quotidien). Découvrez leurs regards croisés et faites le plein de conseils vécus pour passer un été en toute tranquillité !

     

    Au programme de cet échange :

    Face à la chaleur, Violette et Jacques partagent sans tabou leurs astuces quotidiennes sur la gestion de l’appareillage, les soins d’hygiène et la baignade. Violette vous livre également ses précieux secrets d’experte pour voyager l’esprit léger, de la préparation des bagages jusqu’aux astuces pour l’avion, sans oublier l’utilisation de la carte prioritaire.

     

    🎥 Pour découvrir l’intégralité de leurs conseils pratiques :

     

     

     

     

     

  • Quand l’urgence frappe à la porte

    Quand l’urgence frappe à la porte

    L’appel au 18 ou au 15 lors d’une urgence médicale à la maison est un moment charnière, souvent teinté d’angoisse. Avant même de pousser la porte des urgences, l’attente des secours chez soi peut être très anxiogène. Pourtant, dès leur arrivée, une mécanique humaine et technique ultra-rodée se met en place pour sécuriser le patient et préparer la suite de sa prise en charge. Pour Stomal’Or, Jean-Baptiste, sapeur-pompier, nous explique comment se passe l’arrivée au domicile pour ce premier maillon de la chaîne de soins.

     

    Décrypter l’urgence dès l’arrivée

    Pour que le stress diminue, il faut d’abord comprendre ce qui se passe. L’arrivée des sapeurs-pompiers au domicile répond à un protocole précis qui commence systématiquement par une phase de questionnement et d’observation.

    « Quand on arrive sur place, on fait déjà un premier bilan pour savoir exactement ce qu’il s’est passé et en quoi on peut aider la victime », explique Jean-Baptiste.

    « On n’a pas toujours toutes les infos qui ont été données au téléphone. On pose plusieurs questions simples : que s’est-il passé ? Depuis combien de temps ? Avez-vous des douleurs et où se situent-elles ? Des problèmes de santé ? »

     

    Le dossier médical

    Dans la panique d’un incident à domicile, on a tendance à oublier l’essentiel. Pourtant, le premier outil des pompiers reste les informations médicales que vous pouvez leur fournir. Ils agissent en effet comme les yeux et les oreilles de la régulation médicale.

    « Nous faisons le lien entre la victime et le médecin régulateur du 15.

    Il est important pour la bonne prise en charge de la victime que le médecin connaisse les traitements et s’ils ont bien été pris. Le médecin saura alors les problèmes de santé du patient en fonction de ses traitements. Il pourra mieux aussi ordonner des médicaments si c’est une prise en charge hospitalière et adapter les risques d’interactions entre les différentes molécules.

    C’est pour cela que d’avoir le dossier médical accessible facilement est important. »

     

    Les dispositifs médicaux

    Pour les patients porteurs de dispositifs médicaux spécifiques, comme une stomie ou une Ventilation Non Invasive (VNI), l’entrée dans l’ambulance soulève des questions logistiques. Si les pompiers ne sont pas des spécialistes de ces appareillages, l’expertise du patient est primordiale.

    « Je ne maîtrise pas ce sujet car nous ne sommes pas formés à ça », confie Jean-Baptiste avec franchise. « Mais pour nous il est important que la victime nous en parle, en général elle connaît mieux que nous et sait la conduite à tenir. »

    Le bon réflexe, qui facilitera aussi le travail de l’urgentiste à l’arrivée (le matériel aux urgences étant limité), reste donc de préparer un sac avec son matériel de rechange habituel avant de monter dans l’ambulance.

     

    L’humain au cœur de la détresse

    Monter dans le camion des pompiers est impressionnant et symbolise souvent une perte de contrôle pour le patient. Au-delà des gestes techniques, le rôle de l’équipe est de trouver les mots pour apaiser cette anxiété.

    « Ça dépend de chacun et aussi du caractère de la victime », nuance Jean-Baptiste.

    « Parfois nous essayons un peu d’humour, d’autres fois juste en trouvant les bons mots, quoi qu’il en soit, c’est souvent un moment où les victimes sont dans la détresse et ça se fait naturellement. »

     

    Le conseil de Jean-Baptiste

    « Si j’avais un conseil tout simple à donner à une personne atteinte d’une pathologie lourde pour faciliter notre intervention en cas de coup dur, c’est d’avoir un papier accessible avec le dossier médical et l’ordonnance de médicaments, qui explique la pathologie et la conduite à tenir. Dans plusieurs situations la victime n’est pas en état de nous répondre. Mais pas d’inquiétudes, si nous avons un doute, nous demandons par téléphone au médecin régulateur qui saura nous orienter. »

     

    Merci à Jean-Baptiste pour ce témoignage de terrain précieux. Complément idéal de la vision hospitalière, le regard des sapeurs-pompiers rappelle à quel point la préparation de ses documents médicaux à la maison est le premier geste barrière contre le stress de l’urgence.

  • La santé avant tout, le budget à l’abri

    La santé avant tout, le budget à l’abri

    L’annonce d’une pathologie lourde ou d’une chirurgie comme une stomie bouscule les priorités. Face au choc, l’anxiété financière est un fardeau de trop. Pourtant, les frais hospitaliers grimpent vite. Pour Stomal’Or, Vincent, Agent Général d’Assurance, explique comment la complémentaire santé fait bouclier pour éviter le reste à charge et accompagner le patient.

     

    L’anticipation des garanties

    Lors d’une hospitalisation ou d’un traitement long, la priorité est la santé. C’est aussi le moment d’analyser sa couverture.

    « Lorsqu’on apprend qu’on va devoir subir une intervention importante ou faire face à une maladie chronique, c’est le bon moment pour vérifier sa couverture santé », explique Vincent.

    « Les points clés à surveiller de près sont le niveau de prise en charge des dépassements d’honoraires, le remboursement de la chambre particulière, les prestations de confort (comme le lit accompagnant ou la télévision) ainsi que les garanties d’assistance prévues avant et après l’hospitalisation.

    Mon meilleur conseil reste d’anticiper : il vaut toujours mieux vérifier ses garanties avant qu’un problème ne survienne plutôt que dans l’urgence.

     

    La question du coût face à la protection

    La cotisation est un sujet de mécontentement classique. Pourtant, si tout le monde râle régulièrement sur le prix des mutuelles, l’état d’esprit change quand la maladie frappe. On est alors soulagé d’être couvert, partiellement ou totalement : la complémentaire santé absorbe des coûts qui mettraient le budget en péril.

     

    La prise en charge hospitalière

    L’hôpital engendre des frais non couverts par l’Assurance Maladie. La complémentaire santé joue ici son rôle de relais financier.

    « Pendant une hospitalisation, le reste à charge peut vite devenir lourd », précise Vincent.

    « Une complémentaire santé intervient généralement pour couvrir le forfait journalier hospitalier, la chambre particulière et les frais de confort lorsque ceux-ci sont prévus au contrat, mais aussi les dépassements d’honoraires de certains spécialistes. »

     

    Peut-on s’assurer en étant déjà malade ?

    « Les complémentaires santé responsables sont, dans la majorité des cas, accessibles sans questionnaire médical. En revanche, attention aux délais d’attente ou aux conditions particulières selon les contrats. Il est donc toujours préférable de mettre en place sa couverture en amont. »

     

    Pour les budgets modestes, l’accès aux soins reste protégé par l’État via la Complémentaire Santé Solidaire (CSS, ancienne CMU-C). Elle évite l’avance de frais et garantit l’accès aux traitements essentiels.

     

    L’accompagnement post-opératoire

    Une bonne couverture ne se limite plus aux factures de soins. Elle active des services pour adoucir le retour à domicile.

    « Aujourd’hui, une complémentaire santé ne se limite plus au remboursement des soins », souligne Vincent.

    De nombreux organismes proposent des services d’accompagnement précieux pour le retour à la maison : un soutien psychologique, une aide-ménagère temporaire, une assistance téléphonique ou des services dédiés aux proches aidants. Il existe aussi des forfaits de prévention permettant de financer certaines consultations ou actes non remboursés par la Sécurité sociale. 

     

    Le message de l’expert

    « Une maladie ou un accident ne prévient jamais. On associe souvent la complémentaire santé au remboursement des lunettes ou des soins dentaires courants. Pourtant, elle prend tout son sens lors d’un événement de vie majeur comme un cancer ou une hospitalisation. Pour les dirigeants d’entreprise comme pour les salariés, disposer d’une couverture adaptée représente avant tout une sécurité.

    Elle permet de se concentrer sur l’essentiel : sa santé et son rétablissement. »

    Les besoins évoluent avec les changements de la famille, l’âge et les impératifs du moment. Pour garder une protection en phase avec sa réalité, il est nécessaire de réévaluer ses garanties.

    « Mon conseil est de faire régulièrement le point avec un professionnel afin de s’assurer que le contrat s’adapte précisément à cette évolution personnelle et professionnelle. »

     

    Merci à Vincent pour ces explications. Complément essentiel du parcours de soins, la complémentaire santé permet de traverser la maladie l’esprit libéré des contraintes financières.

  • Un relais logistique et d’écoute à domicile

    Un relais logistique et d’écoute à domicile

    Le retour à domicile avec une stomie est une étape clé qui nécessite une coordination fluide. Si le pharmacien d’officine délivre d’emblée les traitements et le matériel de prescription courante, le recours à un Prestataire de Santé à Domicile (PSAD) pour des dispositifs médicaux spécifiques, relève du libre choix du patient, selon les propositions d’accompagnement de la structure hospitalière (Code de la santé publique).

    Lorsqu’un PSAD est retenu, une infirmière déléguée est alors mandatée pour assurer la transition matérielle et veiller à la bonne compréhension des consignes reçues en structures de soins, publiques ou privées. Rencontre avec Bénédicte, qui nous explique ses missions de terrain.

     

    L’anticipation

    Pour que le retour à la maison se fasse sans stress, la préparation en amont est purement logistique. C’est sur demande de la stomathérapeute, des services de soins ou des cabinets médicaux, et après accord du patient, que le prestataire est contacté pour organiser la sortie.

    « La stomathérapeute ou le service m’appelle en amont pour faire un topo sur la pathologie du patient », explique Bénédicte.

    « Pour nous, il est primordial d’obtenir rapidement les coordonnées complètes et si possible, l’ordonnance ou la liste de matériel. Si le patient habite très loin, anticiper la sortie est un vrai plus pour un souci d’organisation. »

     

    Consolider les acquis chez soi

    Il est tout à fait normal, avec l’appréhension du retour, de ne pas retenir toutes les explications données à l’hôpital. Après s’être assurée que le patient ou sa famille a bien été informé de sa démarche, l’infirmière déléguée fixe un rendez-vous téléphonique puis se déplace au domicile.

    « Je me charge de fournir et d’apporter le matériel au domicile pour la première livraison, puis le renouvellement est géré par un transporteur. Il faut prévoir au minimum 30 minutes de rendez-vous à domicile. »

    Au-delà de la logistique, ce moment permet de revoir les consignes et sensibilisations (conseils pratiques sur la technicité, rappels hygiéno-diététiques) et d’apporter un « coup de pouce administratif pour le tri dans les papiers et les ordonnances à la sortie ».

    C’est aussi un rôle d’accompagnement pour les infirmiers libéraux (IDEL), les infirmiers de Soins Médicaux et de Réadaptation (SMR) ou d’EHPAD, qui prennent le relais : « C’est un rôle de coordination, de soutien ou d’aide car tous n’ont pas forcément les connaissances techniques sur les stomies. »

     

    Le relais et l’alerte

    L’infirmière déléguée intervient comme une sentinelle technique, sans se substituer au suivi médical ou à la stomathérapeute hospitalière.

    « J’ai un rôle d’alerte si des difficultés surviennent à domicile, que je sois contactée par le patient ou par l’IDEL.

    Si le patient n’a pas la possibilité d’être revu rapidement en consultation de stomathérapie à l’hôpital, je peux me déplacer à son domicile pour évaluer la situation matérielle. Sinon, nous travaillons en bonne intelligence avec l’envoi de photo pour transmettre l’alerte. »

     

    Le message de Bénédicte

    « C’est une angoisse naturelle d’avoir peur de manquer de matériel. Le conseil pratique que je donne est de se faire des petites réserves à plusieurs endroits : une trousse de secours toujours remplie avec 4 à 5 changes, une réserve dans la voiture, une dans la salle de bain… Rassurez-vous : de nos jours, les laboratoires fabricants de poches de stomie ont beaucoup évolué. Il y a un panel assez important pour que chaque patient trouve son compte et sa solution. »

     

    Merci à Bénédicte pour ce partage d’expérience. Mettre en lumière ce rôle est essentiel pour rassurer les patients et valoriser la complémentarité des acteurs de santé.

  • Les coulisses de la pharmacie hospitalière

    Les coulisses de la pharmacie hospitalière

    L’entrée à l’hôpital ou le suivi d’un traitement lourd impose une logistique médicale sans faille. Dans l’ombre des services de soins, le pharmacien hospitalier est le garant absolu de la sécurité des produits de santé. Pour Stomal’Or, Jean-Louis, pharmacien hospitalier, nous ouvre les portes de son service et décrypte un circuit ultra-sécurisé, de la haute technologie des blocs de préparation jusqu’à votre retour à domicile.

     

    Sécuriser les transitions médicales

    Jean-Louis nous explique que les phases les plus à risque dans la prise en charge d’un patient sont les transitions, notamment l’entrée, la sortie et les changements de services. C’est à ce moment-là que des informations peuvent être perdues ou mal retranscrites. Pour sécuriser ces étapes critiques, son équipe pratique ce qu’on appelle la « conciliation médicamenteuse ».

    « Nous récupérons différentes sources d’informations comme les boîtes de traitement ramenées par les patients, leurs ordonnances, nous appelons leur pharmacie ou leur infirmière à domicile et nous interrogeons le patient. Nous faisons un bilan de toutes ces sources que nous comparons à l’ordonnance saisie par le médecin. »

     

    Un service transversal et connecté

    On imagine souvent le pharmacien isolé dans sa réserve mais Jean-Louis nous rappelle que la pharmacie est un service ultra-transversal qui interagit au quotidien avec tout l’hôpital. Ses équipes travaillent aussi bien avec les services techniques pour maintenir les zones stériles où sont fabriquées les chimiothérapies, qu’avec les soignants et l’administration. Pour l’aider, la technologie est devenue indispensable.

    « Les prescriptions sont analysées grâce au dossier patient informatisé qui donne accès aux observations, aux examens de biologie et à l’imagerie. De plus, les pharmacies intègrent maintenant des automates tant dans la fabrication des traitements de chimio que dans la production de doses à administrer aux patients. Ce qui nous laisse plus de temps pour nous entretenir avec les patients.

    En résumé, le pharmacien est le garant de la sécurité à chaque étape du circuit du médicament. »

     

    Les médicaments exclusifs à l’hôpital

    Certains traitements lourds ou spécifiques (anticancéreux, anti-infectieux majeurs, maladies rares) ne sont disponibles qu’à la pharmacie de l’hôpital pour des raisons de dispensation ou de coût. C’est le circuit de la rétrocession. Jean-Louis insiste sur l’importance d’identifier ces besoins très tôt pour que le patient puisse repartir chez lui sereinement avec les bonnes quantités.

    « Souvent, un entretien pharmaceutique est réalisé avec le patient à sa sortie pour lui expliquer à quoi sert le médicament, comment bien le prendre et l’informer sur les effets indésirables. Parfois, il est nécessaire de contacter nos confrères officinaux en ville pour les informer et assurer la continuité de la prise en charge. »

     

    Un niveau d’expertise rigoureux

    Derrière cette logistique se cachent des professionnels hautement qualifiés. Jean-Louis nous rappelle que les pharmaciens hospitaliers affichent un parcours de 9 ans d’études, dont un internat de 4 ans qui leur permet de se spécialiser (stérilisation, achats, pharmacie clinique…). Cette expertise est également un pilier lors des contrôles officiels des hôpitaux.

    « Le pharmacien est un acteur essentiel dans le processus de certification des établissements de santé. Dans ce processus, il doit justifier de toutes les actions mises en place pour sécuriser le circuit des produits de santé. Notre obligation de formation continue nous impose de maintenir nos connaissances à jour au quotidien. »

     

    Le mot de la fin

    « Mon message pour les patients est un message de totale réassurance : l’hôpital déploie une énergie et des technologies considérables pour que chaque molécule reçue soit la bonne, à la bonne dose, et parfaitement tracée. Vous êtes entourés d’experts dont l’unique priorité est votre sécurité matérielle et clinique. »

     

    Merci à Jean-Louis, pharmacien hospitalier, pour cet échange, son précieux temps et ses éclairages essentiels qui permettent aux patients, comme aux soignants, de mieux comprendre l’envers du décor.

  • Maladie et travail : Les clés d’un retour serein

    Maladie et travail : Les clés d’un retour serein

    Le retour à la vie professionnelle après un long arrêt maladie, qu’il soit lié à un cancer, une maladie inflammatoire ou la pose d’une stomie, est une étape charnière qui suscite souvent autant d’attentes que d’appréhensions. Dans ce parcours de transition, le médecin du travail est trop souvent perçu comme une simple formalité obligatoire ou un contrôleur de fin de parcours. Pourtant, son rôle est avant tout celui d’un allié central de la prévention et de l’adaptation. Pour Stomal’Or, Fanny, médecin du travail, lève le voile sur les coulisses d’une reprise protégée et rappelle que, sur le terrain, tout est une question d’anticipation.

     

    Anticiper pendant l’arrêt

    Beaucoup de salariés s’imaginent qu’on ne pousse la porte de la médecine du travail qu’au moment de reprendre les badges et de retourner à son poste. C’est une erreur qui peut fragiliser le retour à l’emploi. Pour Fanny, le fondement même de la prévention de la désinsertion professionnelle se joue pendant l’arrêt, bien avant la date officielle de reprise. C’est là tout l’enjeu de la visite de pré-reprise. Aménager un poste de travail, qu’il s’agisse d’ajustements organisationnels ou matériels, demande du temps. C’est aussi cette anticipation qui permet d’enclencher des démarches administratives parfois très longues, comme la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) ou de mûrir une réflexion autour d’une reconversion professionnelle.

    « Aménager un poste de travail, enclencher une RQTH ou réfléchir à une reconversion prend du temps : c’est un travail de fond, totalement impossible à réaliser en une seule visite de reprise. »

    La clé du dispositif réside également dans son déclenchement : cette démarche appartient exclusivement au salarié. L’employeur peut légitimement informer son collaborateur que cette visite existe mais il n’a juridiquement pas le droit de la solliciter à sa place. C’est au patient, parfois guidé par son médecin traitant, de s’en saisir pour amorcer le dialogue en toute confidentialité.

    « Le fondement de la prévention, c’est d’agir pendant l’arrêt. C’est au salarié et à lui seul, de solliciter la visite de pré-reprise pour amorcer le dialogue. »

     

    Adapter le poste au cas par cas

    Une fois le cap du retour au travail franchi, se pose la question de l’aménagement du quotidien, où le temps partiel thérapeutique s’impose souvent comme la solution idéale pour transiter en douceur. Mais la réalité du terrain obéit à un circuit strict. Si la demande est initialement formalisée par le médecin traitant à destination de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM), c’est lors de la visite de reprise officielle que le médecin du travail en matérialise l’organisation concrète.

    « Lors de la visite de reprise, mon rôle est de formaliser très concrètement l’organisation sur le terrain : la répartition des horaires, les jours de présence et les adaptations matérielles. »

    Cependant, Fanny soulève un point de vigilance crucial et souvent méconnu des patients : le mi-temps thérapeutique n’est pas un droit automatique. L’employeur, pour des motifs liés à l’organisation de l’entreprise, tout comme le médecin conseil de la CPAM, pour des raisons de critères de financement, ont parfaitement le droit de le refuser. C’est précisément à ce moment-là que le médecin du travail endosse un rôle de médiateur indispensable.

    « L’employeur comme le médecin conseil de la CPAM ont le droit de refuser un temps partiel thérapeutique. Dans ce cas, le rôle du médecin du travail est de faire médiateur et de convaincre l’entreprise du bénéfice de cet aménagement. »

    Une fois le retour acté, aucun suivi régulier n’est imposé par la loi. Les rendez-vous ultérieurs se construisent au cas par cas, au rythme et selon les besoins du travailleur.

     

    Proches aidants : Le cadre légal

    La maladie ne s’arrêtant malheureusement pas aux frontières du patient, elle bouleverse bien souvent tout l’équilibre familial, notamment lorsque des parents doivent suspendre leur activité pour s’occuper d’un enfant hospitalisé ou lourdement malade. Sur ce sujet sensible des proches aidants, Fanny apporte un éclairage juridique sans fard. Bien que la détresse de ces familles soit immense, il n’existe aucun dispositif de visite ou d’aménagement spécifique en santé au travail pour les proches aidants.

    « Juridiquement, le médecin du travail n’a pas le droit d’imposer des aménagements de poste à un employeur pour permettre à un salarié de s’occuper d’un proche. Notre rôle est alors de passer le relais aux assistantes sociales pour activer d’autres leviers. »

    Dans ces situations, le rôle de la médecine du travail se déporte vers l’orientation, en passant immédiatement le relais aux équipes sociales pour activer les aides financières ou les congés dédiés, ou en vérifiant les éventuels accords solidaires négociés en interne dans l’entreprise.

     

    Le mot de la fin

    Face à toutes les incertitudes que la maladie fait peser sur l’avenir professionnel, Fanny tient à envoyer un message de profonde réassurance :

    « Le mot d’ordre, c’est l’anticipation et la confiance envers le médecin du travail. Il existe de nombreux dispositifs, notre rôle est de trouver la solution adaptée à votre situation pour vous protéger. »

     

    Merci à Fanny, médecin du travail, pour le temps accordé à cette interview et pour ses précieux conseils.

  • Maladie et travail : l’art du retour réussi

    Maladie et travail : l’art du retour réussi

    Concilier la reprise d’activité avec une maladie chronique ou l’après-cancer ressemble souvent à un parcours du combattant. Laura, ancienne infirmière en chirurgie digestive devenue Ergonome Intervenante en Prévention des Risques Professionnels (IPRP) , nous explique comment réaménager son quotidien professionnel pour protéger sa santé sans sacrifier sa carrière.

     

    Le double regard de soignante

    Avoir été infirmière permet une analyse beaucoup plus fine et globale sur le terrain. Cela apporte une écoute et une observation basées sur le vécu réel du patient : sa fatigue, l’impact des traitements ou la gestion de la douleur.

    Par exemple, après un cancer du sein avec un curage ganglionnaire, l’attention se portera immédiatement sur le poste pour éviter l’élévation des bras.

    « Au-delà de la technique, cette sensibilité permet de se rappeler que derrière un bureau ou une machine, il y a une personne qui cherche un équilibre entre sa santé, sa vie privée et son travail. »

     

    Une expertise reconnue par l’État

    Le titre d’ergonome IPRP apporte un cadre officiel et une vraie légitimité auprès des dirigeants et des ressources humaines. Certifié par la DREETS*, ce n’est pas une simple expertise déclarée, mais une reconnaissance administrative de compétences.

    Pour une entreprise, c’est l’assurance de s’appuyer sur une professionnelle habilitée pour analyser les situations réelles, identifier les risques et proposer des aménagements concrets et réalistes.

     

    Les pièges d’une reprise non préparée

    Sans anticipation, le principal danger est le décalage entre ce que le salarié pense pouvoir faire et ce que son corps lui permet réellement. Cela génère une fatigue extrême, des douleurs et une grosse perte de confiance.

    « Le point de vigilance : Après un cancer ou avec une maladie chronique, les capacités fluctuent d’un jour à l’autre. Si le retour est mal préparé, on risque des incompréhensions au sein de l’équipe et une mise en difficulté du salarié, qui va se sentir obligé de cacher ses limites au collectif. »

     

    L’approche selon le statut

    L’ergonomie s’adapte à la réalité de chacun :

    • Pour l’entrepreneur : Quand on est le capitaine à bord, l’objectif est de construire un fonctionnement durable plutôt que de tenir coûte que coûte. Il faut apprendre à gérer sa charge de travail, s’octroyer des pauses, s’entourer de personnes de confiance et accepter de déléguer pour protéger son entreprise en protégeant sa santé.
    • Pour l’employeur : Adapter le poste, les horaires ou les missions d’un salarié qui revient de maladie est un acte fort de politique RSE* Cela valorise les compétences de la personne au-delà de ses difficultés professionnelles. C’est un levier d’inclusion et de fidélisation qui conserve les savoir-faire et envoie un signal positif fort à toute l’équipe.

     

    Des solutions accessibles et financées

    Aménager un poste n’est pas forcément un gouffre financier. Souvent, les solutions de bon sens ne coûtent rien : réorganiser les tâches, ajuster les horaires, modifier un outil, revoir les déplacements ou clarifier les priorités.

    Si un investissement matériel est nécessaire, des dispositifs et des aides financières existent via l’AGEFIPH* (pour les situations de handicap), Cap Emploi, l’Assurance Maladie ou les services de prévention et de santé au travail. Plus on anticipe, plus les solutions sont simples et efficaces.

     

    Le message clé à retenir

    La santé au travail doit être vue comme un investissement, pas comme un coût.

    « Avec le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques, la question n’est plus de savoir si un collaborateur rencontrera un problème de santé, mais comment l’entreprise saura l’accompagner. Développer des environnements de travail inclusifs et adaptables, c’est construire un collectif plus solide et résilient. »

     

    Un grand merci à Laura pour son regard croisé unique entre soin et prévention, qui ouvre la voie à un retour au travail plus serein et humain.

     

    DREETS* : Direction régionale de l’Économie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités
    RSE* : Responsabilité Sociétale de l’Entreprise
    AGEFIPH* : Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion professionnelle des Personnes Handicapées

     

     

  • Bien réagir en cas d’urgence

    Bien réagir en cas d’urgence

    Pousser la porte des urgences est toujours une source d’angoisse, d’autant plus lorsque l’on vit avec une stomie. Face à un médecin qui ne connaît pas son historique, le patient peut se sentir démuni. Pour Stomal’Or, Olivia, médecin urgentiste, passe de l’autre côté du miroir. Elle nous explique comment se déroule la prise en charge et nous donne les clés essentielles pour anticiper et faciliter les soins en situation de crise.

     

    Le rôle de l’urgentiste

    Le cœur du métier d’urgentiste repose sur le tri et le diagnostic rapide. Face à un patient porteur d’une stomie, la priorité absolue est d’évaluer l’état général pour classer le niveau de gravité, prioriser les soins et s’assurer qu’aucune urgence vitale n’est en train de passer inaperçue.

    « Déterminer le niveau de gravité de l’état du patient, afin de prioriser sa prise en charge et ne pas méconnaitre une urgence vitale » et « le rassurer autant que faire se peut ».

     

    La prise en charge aux urgences

    Aux urgences, deux grands cas de figure se présentent. Le premier est d’ordre purement « mécanique », comme une poche qui se détache ou une sonde perdue : l’équipe remet alors le matériel en place au plus vite si elle l’a à disposition. Le second cas concerne des complications plus complexes ou graves.

    « Soit il s’agit d’un problème plus complexe et plus grave (ex : stomie non productive, processus infectieux…), dans ce cas : examen clinique minutieux, biologie pour rechercher des complications infectieuses, des troubles ioniques, une insuffisance rénale…., pose de voie veineuse et selon la pathologie, on procède à une imagerie (ex : scanner pr rechercher une occlusion) »

    En cas de complication de ce type, une hospitalisation s’impose souvent, idéalement dans le service de suivi du patient. Il n’est pas toujours aisé de joindre le spécialiste référent. En cas d’impossibilité, l’équipe contacte le spécialiste de garde de la spécialité dans l’établissement d’admission pour assurer une prise en charge en toute sécurité.

     

    S’orienter avant de se déplacer

    Pour éviter l’attente inutile, il est conseillé d’adopter les bons réflexes avant même de se déplacer. Durant la semaine et en heures ouvrables, la priorité doit toujours être donnée au contact avec le spécialiste référent ou son secrétariat. S’il s’agit d’un simple problème de matériel et que le patient dispose de rechange, il est préférable de se tourner directement vers sa stomathérapeute, son service, sa pharmacie ou son prestataire de santé.

    En revanche, la nuit, le week-end ou si un problème médical aigu survient en journée (fièvre, douleur, stomie non productive), les structures de soins immédiats (type CMSI) sont une excellente première étape pour les urgences légères ou modérées afin de désengorger les urgences des centres hospitaliers qui restent indispensables d’emblée pour les situations les plus lourdes. En cas de doute sur la gravité ou sur l’orientation, le patient peut appeler le centre 15 pour obtenir un avis médical. Les urgences gèrent les crises aiguës et ne remplacent en aucun cas le suivi régulier par le médecin traitant.

     

    Les documents indispensables

    Parce que l’urgentiste qui prend en charge le patient ne le connaît pas, arriver préparé change radicalement la donne. Il est indispensable de toujours avoir avec soi un dossier médical complet contenant :

    • La liste des principaux antécédents, les allergies et surtout la pathologie ayant nécessité la stomie.
    • Les courriers de suivi principaux pour cette pathologie.
    • Les traitements quotidiens.
    • Les coordonnées du médecin référent.

    « Avoir du matériel de « rechange » car les références sont nombreuses et le matériel disponible aux urgences est limité »

     

    Le message de prévention

    Pour conclure, l’adaptation à une stomie change profondément le quotidien et peut s’accompagner d’imprévus. Un médecin urgentiste saura prendre en charge la plupart des pathologies liées aux stomies ou orienter vers le spécialiste adapté.

    « Mais chaque patient est différent et cette prise en charge sera d’autant plus adaptée et rapide que le médecin urgentiste aura toutes les infos nécessaires.

    D’où l’absolue nécessité d’apporter avec soi son « dossier » médical et le matériel « consommable »

     

    Merci à Olivia, médecin urgentiste, pour sa disponibilité, ses conseils pratiques et ses précieux repères pour faire face aux imprévus.

  • L’innovation médicale au service du quotidien

    L’innovation médicale au service du quotidien

    On imagine souvent les laboratoires de dispositifs médicaux comme des entités lointaines mais ils ont un visage sur le terrain. Christelle, responsable régionale d’un laboratoire en stomathérapie, nous explique son rôle de l’ombre : accompagner les soignants, former les équipes au bon usage des dernières innovations pour que chaque patient bénéficie du matériel le plus adapté à son corps et à sa vie.

     

    L’appui des soignants

    Le rôle d’une responsable régionale est d’assurer un suivi régulier et de proximité avec les services de soins et les stomathérapeutes. Guidée par une culture d’écoute et d’empathie pour le quotidien des patients, elle soutient les soignants pour leur rendre les soins plus simples et plus fluides.

    Concrètement, cette transmission se fait à chaque occasion : lors de manipulations produits et formations directement en service, au cours de masterclass dédiées à des thématiques ou encore lors des échanges avec les soignants et les associations de patients sur les stands des congrès professionnels.

    « Notre but, c’est d’être un véritable appui technique pour les professionnels de santé, explique Christelle.

    En partageant nos bonnes pratiques directement sur le terrain, on s’assure que les innovations sont correctement utilisées pour plus de confort et de dignité des patients. »

     

    Le retour d’expérience

    Bien qu’une responsable régionale ne rencontre pas directement les patients, leur voix est essentielle pour faire évoluer le matériel. Le laboratoire place le soignant et le patient au cœur de ses recherches et reste constamment connecté à la vraie vie à domicile pour développer des solutions qui font une réelle différence.

    Ces retours d’expérience précieux remontent via les professionnels de santé lors des suivis, mais aussi grâce aux remontées des pharmaciens d’officine, des prestataires de santé à domicile et d’enquêtes de satisfaction.

    « Ce dialogue permanent avec le terrain est capital, souligne Christelle. C’est ce qui nous permet d’adapter nos dispositifs aux défis réels et très intimes que les patients rencontrent chez eux, au quotidien. »

     

    La haute technicité

    Chaque patient est unique, et son appareillage doit l’être aussi. Qu’il s’agisse d’une stomie digestive ou urinaire, le matériel demande une immense technicité pour épouser toutes les morphologies, les plis de la peau, les cicatrices ou les variations de poids.

    Les gammes de produits sont aujourd’hui très étendues pour offrir adaptabilité et sécurité. Les dispositifs sont pensés avec passion, rigueur et technicité pour prévenir les fuites, protéger la peau et permettre à chacun de réduire l’impact de la maladie sur son quotidien, dans une démarche d’amélioration continue.

     

    L’évolution du matériel

    Un appareillage n’est jamais figé dans le temps. La morphologie change, mais des facteurs externes comme les changements de température (la chaleur ou le froid) influencent aussi directement l’adhésivité du matériel sur la peau. Face à ces défis, les soignants ont accès à un large panel de produits et il est parfois nécessaire de changer de marque, de façon temporaire ou définitive.

    Il ne faut jamais rester avec un inconfort par habitude, ni vivre les fuites comme une fatalité. Que la stomie soit temporaire ou définitive, la vie du patient ne doit pas être mise en suspens.

    « Un patient doit toujours rester à l’écoute de son corps et de ses besoins, conclut Christelle.

    Il faut absolument rejeter le sentiment d’échec : si un matériel ne convient plus, on s’adapte. Le suivi avec les stomathérapeutes est là pour ça, pour trouver la solution exacte pour une meilleure qualité de vie. »

     

    Un grand merci à Christelle pour nous avoir ouvert les coulisses de son métier et pour son engagement quotidien au service du confort et de la qualité de vie des patients.

     

     

     

     

  • Le capital rénal à l’épreuve des traitements

    Le capital rénal à l’épreuve des traitements

    Face à des traitements lourds, on pense souvent à l’organe ciblé par la maladie, mais on oublie parfois d’autres piliers essentiels de notre corps. Le rein est l’un de ces filtres majeurs qu’il faut absolument préserver. Pour Stomal’Or, Alexandre, médecin néphrologue, lève le voile sur son rôle de protecteur de l’ombre. De la première évaluation avant une thérapie complexe jusqu’à la gestion des urgences à domicile, il nous explique comment sécuriser ce précieux capital.

     

    Protéger le rein avant les soins

    Alexandre nous explique que son premier réflexe est de réaliser un état des lieux complet de ce qu’il appelle le « capital rénal » avant d’attaquer les soins. Il étudie la fonction de départ via le débit de filtration et la créatinine, recherche une éventuelle protéinurie et analyse surtout le terrain général : l’âge, l’hypertension, le diabète, la présence d’un rein unique ou la prise de traitements déjà toxiques pour l’organe. La consultation n’est pas automatique, elle dépend des antécédents et des risques du patient. En cours de traitement, des solutions concrètes existent pour faire rempart.

    « On protège les reins d’abord par un bon « remplissage » avec du sérum salé, avant et après les molécules à risque ou les produits de contraste. Il s’agit aussi d’éviter d’empiler les toxiques, comme les anti-inflammatoires et de surveiller régulièrement la créatinine et le ionogramme.

    Il n’y a pas de médicament miracle : tout est une question d’anticipation et de prévention. »

     

    Le cas de l’iléostomie

    Une hausse de la créatinine chez un patient porteur d’une iléostomie est une situation bien connue des néphrologues. Alexandre nous rassure : dans ce cas précis, le premier réflexe n’est pas de craindre une maladie du rein mais de vérifier si le patient n’est pas tout simplement déshydraté. Une stomie qui subit des pertes digestives importantes (au-delà de 1,5 à 2 litres par jour) fait perdre énormément d’eau et de sel, privant le rein de son carburant. C’est une insuffisance rénale aiguë fonctionnelle.

    « Le rein n’est pas malade, il est en manque. C’est totalement réversible si on recharge en eau et en sel à temps.

    Biologiquement, le sodium urinaire s’effondre car le rein retient tout ce qu’il peut pour freiner les sorties. Si la créatinine augmente d’une fois et demie sa valeur, s’il y a une perte de poids rapide ou des urines rares et foncées, il ne faut pas attendre. Une hospitalisation est parfois nécessaire pour réhydrater efficacement et surveiller l’évolution. »

     

    Chimiothérapie et dialyse

    Contrairement aux idées reçues, être dialysé n’est absolument pas une contre-indication pour traiter un cancer. Alexandre collabore étroitement avec l’oncologue pour analyser chaque situation molécule par molécule. L’objectif est de comprendre si le traitement est éliminé par le rein et s’il traverse la membrane de la dialyse afin d’adapter précisément la prise en charge.

    « Si la molécule est épurée par la dialyse, on l’administre juste après la séance pour éviter de la « laver » avant qu’elle ait pu agir.

    Si au contraire elle s’accumule faute de rein, on réduit la dose et on peut planifier une séance pour nettoyer l’organisme après la cure.

    Tout est une question d’organisation pour synchroniser le calendrier des chimios avec le rythme des dialyses. »

     

    Les réflexes du quotidien

    Pour conclure, Alexandre insiste sur des gestes simples mais vitaux que chaque patient peut s’approprier. Bien s’hydrater reste la moitié du travail, en gardant à l’esprit que les pertes digestives incluent aussi le sel, ce qui peut nécessiter de compenser avec des eaux riches en minéraux. Il met également en garde contre un ennemi trop souvent sous-estimé en automédication.

    « Les anti-inflammatoires de type ibuprofène sont les meilleurs ennemis du rein, surtout lorsqu’on est déjà déshydraté car ils bloquent les filtres des reins.

    Suivez bien les bilans biologiques : la prise de sang montre souvent des signes de déshydratation bien avant l’apparition des premiers symptômes. Enfin, si vos reins sont déjà fragiles, une créatinine qui oscille légèrement est banale.

    Laissez vos médecins interpréter les courbes du débit de filtration glomérulaire (DFG) pour juger de la stabilité dans le temps. »

     

    Merci à Alexandre, médecin néphrologue, pour sa disponibilité, ses explications claires et ses précieux réflexes de prévention.