Toi aussi ne sois plus tout seul avec ta stomie !

Les coulisses de la pharmacie hospitalière

L’entrée à l’hôpital ou le suivi d’un traitement lourd impose une logistique médicale sans faille. Dans l’ombre des services de soins, le pharmacien hospitalier est le garant absolu de la sécurité des produits de santé. Pour Stomal’Or, Jean-Louis, pharmacien hospitalier, nous ouvre les portes de son service et décrypte un circuit ultra-sécurisé, de la haute technologie des blocs de préparation jusqu’à votre retour à domicile.

 

Sécuriser les transitions médicales

Jean-Louis nous explique que les phases les plus à risque dans la prise en charge d’un patient sont les transitions, notamment l’entrée, la sortie et les changements de services. C’est à ce moment-là que des informations peuvent être perdues ou mal retranscrites. Pour sécuriser ces étapes critiques, son équipe pratique ce qu’on appelle la « conciliation médicamenteuse ».

« Nous récupérons différentes sources d’informations comme les boîtes de traitement ramenées par les patients, leurs ordonnances, nous appelons leur pharmacie ou leur infirmière à domicile et nous interrogeons le patient. Nous faisons un bilan de toutes ces sources que nous comparons à l’ordonnance saisie par le médecin. »

 

Un service transversal et connecté

On imagine souvent le pharmacien isolé dans sa réserve mais Jean-Louis nous rappelle que la pharmacie est un service ultra-transversal qui interagit au quotidien avec tout l’hôpital. Ses équipes travaillent aussi bien avec les services techniques pour maintenir les zones stériles où sont fabriquées les chimiothérapies, qu’avec les soignants et l’administration. Pour l’aider, la technologie est devenue indispensable.

« Les prescriptions sont analysées grâce au dossier patient informatisé qui donne accès aux observations, aux examens de biologie et à l’imagerie. De plus, les pharmacies intègrent maintenant des automates tant dans la fabrication des traitements de chimio que dans la production de doses à administrer aux patients. Ce qui nous laisse plus de temps pour nous entretenir avec les patients.

En résumé, le pharmacien est le garant de la sécurité à chaque étape du circuit du médicament. »

 

Les médicaments exclusifs à l’hôpital

Certains traitements lourds ou spécifiques (anticancéreux, anti-infectieux majeurs, maladies rares) ne sont disponibles qu’à la pharmacie de l’hôpital pour des raisons de dispensation ou de coût. C’est le circuit de la rétrocession. Jean-Louis insiste sur l’importance d’identifier ces besoins très tôt pour que le patient puisse repartir chez lui sereinement avec les bonnes quantités.

« Souvent, un entretien pharmaceutique est réalisé avec le patient à sa sortie pour lui expliquer à quoi sert le médicament, comment bien le prendre et l’informer sur les effets indésirables. Parfois, il est nécessaire de contacter nos confrères officinaux en ville pour les informer et assurer la continuité de la prise en charge. »

 

Un niveau d’expertise rigoureux

Derrière cette logistique se cachent des professionnels hautement qualifiés. Jean-Louis nous rappelle que les pharmaciens hospitaliers affichent un parcours de 9 ans d’études, dont un internat de 4 ans qui leur permet de se spécialiser (stérilisation, achats, pharmacie clinique…). Cette expertise est également un pilier lors des contrôles officiels des hôpitaux.

« Le pharmacien est un acteur essentiel dans le processus de certification des établissements de santé. Dans ce processus, il doit justifier de toutes les actions mises en place pour sécuriser le circuit des produits de santé. Notre obligation de formation continue nous impose de maintenir nos connaissances à jour au quotidien. »

 

Le mot de la fin

« Mon message pour les patients est un message de totale réassurance : l’hôpital déploie une énergie et des technologies considérables pour que chaque molécule reçue soit la bonne, à la bonne dose, et parfaitement tracée. Vous êtes entourés d’experts dont l’unique priorité est votre sécurité matérielle et clinique. »

 

Merci à Jean-Louis, pharmacien hospitalier, pour cet échange, son précieux temps et ses éclairages essentiels qui permettent aux patients, comme aux soignants, de mieux comprendre l’envers du décor.