Toi aussi ne sois plus tout seul avec ta stomie !

Stomie avant la chimio : Un choix stratégique
dans le parcours du cancer colo-rectal

Dans le cadre du cancer colorectal et en particulier dans le cancer du rectum, le traitement repose parfois sur une association de chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie. Selon la localisation, le stade tumoral et les symptômes, une stomie peut être proposée en début de parcours de soin (1ᵉʳ temps) ou pendant l’intervention chirurgicale permettant le retrait de la tumeur
(2ᵉ temps). Elle sera temporaire ou définitive.

Pourquoi une stomie avant la chimio ?

. Prévenir une occlusion ou une perforation

  • En cas de tumeur sténosante (qui rétrécit la lumière intestinale), le risque d’occlusion voir de perforation de l’intestin est élevé.
  • Une stomie en amont (iléostomie ou colostomie de décharge placée avant le rétrécissement) permet de sécuriser la suite du traitement et le confort du patient.
  • Ceci permet d’éviter une chirurgie en urgence avec un taux de complications élevé.

. Sécuriser l’état général avant la chimiothérapie : 

  • La pose d’une stomie vise également à éviter une dégradation de l’état général, voir à améliorer celui-ci.
  • En effet, une lésion sténosante ne permet pas une alimentation et un transit correct. Elle aboutit souvent à une perte de poids et des difficultés de transit peu compatibles avec les traitements.

Pourquoi une stomie après l’ablation de la tumeur ?

. Faciliter la récupération post-opératoire

  • La stomie dite de protection permet de protéger l’anastomose (la couture) pour éviter la fistule anastomotique diminuer les conséquences d’une éventuelle fistule anastomotique (fuite au niveau de la couture) surtout en contexte de radio-chimiothérapie néoadjuvante.

Parole de patient : Frédéric, patient colostomisé

« Lors de mon rendez-vous avec le chirurgien, il m’a expliqué simplement ce qu’était une stomie et pourquoi elle pouvait être nécessaire dans mon cas. Ma tumeur mesurait environ 5 cm et présentait un risque important d’occlusion. J’ai vite compris que c’était une étape logique et sécurisante, et j’ai choisi de la faire en même temps que la pose de mon PAC.
Quand est venue l’opération pour retirer la tumeur, je savais déjà gérer ma stomie. Cela a rendu la récupération plus simple, car je n’avais pas à découvrir un nouvel appareillage dans un moment déjà éprouvant.
Mon conseil : rencontrer une stomathérapeute comme j’ai eu la chance d’avoir avant l’opération, aide à mieux appréhender la stomie et à garder son autonomie. Une stomie n’empêche pas de vivre normalement. »

En conclusion

Il n’y a pas de bonne ou mauvaise décision. La stomie est un compromis.

L’orientation vers une stomie ne signifie pas un échec : c’est un choix de sécurité et d’anticipation, le plus souvent temporaire, discuté au sein d’équipe pluridisciplinaire selon les recommandations et expliqué par le chirurgien. Elle permet, dans de nombreux cas, de poursuivre les soins sans interruption et d’éviter les complications urgentes.
Cette décision se prend en concertation avec le patient, en tenant compte du projet thérapeutique et de la situation individuelle.

Le patient peut et doit demander des explications supplémentaires s’il en ressent le besoin, pour avancer sereinement dans son parcours.

L’anticipation et l’accompagnement sont les clés pour mieux vivre cette étape.