La pose d’une chambre implantable est une étape qui inquiète souvent les patients car elle est intimement associée au début des traitements lourds. Pourtant, ce dispositif médical est avant tout un allié de taille conçu pour améliorer le confort et sécuriser la prise en charge tout au long du parcours de soins. Pour Stomal’Or, Romain, chirurgien digestif et viscéral, nous explique concrètement le rôle, l’installation et le suivi de ce dispositif que l’on appelle aussi PAC ou « port-a-cath » ou encore CIP.
Qu’est-ce que le PAC et à quoi sert-il ?
Une chambre implantable est un petit boîtier placé sous la peau, le plus souvent sous la clavicule et relié par un fin tuyau souple (un cathéter) à une grosse veine. Il s’agit d’un accès veineux permanent et discret. Tant qu’il n’est pas utilisé, le dispositif dort sous la peau. On le « réveille » à chaque besoin en piquant directement à travers la peau, dans le boîtier, pour y brancher une perfusion.
On propose généralement le PAC lorsque le protocole de soins demande des perfusions répétées sur plusieurs mois, comme c’est le cas pour certaines chimiothérapies. Comme le souligne Romain : « Ces traitements peuvent en effet abîmer les petites veines des bras si on les y injecte directement. » Le boîtier protège ainsi le capital veineux du patient, évite les piqûres répétées et douloureuses, sécurise l’administration des molécules et permet également de réaliser les prises de sang.
Une intervention rapide en ambulatoire
La pose d’une chambre implantable n’est pas une intervention lourde. C’est un geste court qui se déroule le plus souvent en ambulatoire, permettant au patient de rentrer chez lui le jour même. « L’intervention dure en général une trentaine de minutes et s’effectue sous anesthésie locale », précise le chirurgien, « elle est parfois accompagnée d’une légère sédation pour maximiser le confort et détendre le patient. » Durant le geste, le chirurgien repère la veine à l’échographe et vérifie le bon positionnement du cathéter par un contrôle radiologique immédiat. Le patient repart simplement avec un petit pansement et quelques consignes.
L’emplacement précis, situé généralement sous la clavicule droite, est soigneusement choisi par le médecin. Il prend en compte le quotidien et les habitudes de vie du patient, comme le port d’un sac, la conduite automobile ou la position de sommeil, afin que le boîtier soit le plus fonctionnel, discret et confortable possible.
Suivi, entretien et retrait : Mode d’emploi
Après la pose, la surveillance médicale porte principalement sur deux points : l’apparition d’un hématome, qui reste souvent bénin et surtout la vigilance face à une éventuelle infection. En cas de douleur inhabituelle, de gonflement ou de rougeur, il est nécessaire de consulter rapidement.
Une fois les traitements terminés, la chambre implantable n’est pas retirée immédiatement. On la laisse souvent en place pendant un certain temps car elle reste utile pour la surveillance rapprochée, pour une éventuelle reprise de traitement, ou simplement pour ne pas imposer un geste chirurgical supplémentaire tant que la situation médicale n’est pas totalement stabilisée. Lorsqu’il n’est pas utilisé, le PAC s’entretient très facilement par un simple rinçage périodique réalisé par une infirmière.
Quand le retrait est enfin acté, le geste est lui aussi simple, rapide et réalisé sous anesthésie locale en ambulatoire. Le chirurgien rouvre la petite cicatrice initiale pour retirer le boîtier et son cathéter. « Pour beaucoup de patients, cette dernière étape est hautement symbolique », confie Romain, « car elle marque la fin définitive des traitements. »
Le mot du chirurgien
« La pose d’un PAC est un repère temporel difficile car elle intervient au tout début de la maladie. Pourtant, il faut la voir comme un allié de confort et non comme un mauvais signe. Elle rend les soins plus simples, plus sûrs et indolores. Une fois la cicatrisation terminée, le dispositif se fait oublier au quotidien : on peut se doucher, bouger et reprendre normalement ses activités. Si une rougeur, une gêne ou une douleur vous interroge, parlez-en sans attendre à votre équipe soignante.
Ce dispositif est là pour vous faciliter la vie, pas pour la compliquer. »
Merci à Romain, chirurgien digestif et viscéral, pour ses précieuses informations et ses conseils rassurants pour les patients.


