Toi aussi ne sois plus tout seul avec ta stomie !

Catégorie : Expert

  • Brancardier, ce passeur de sérénité à l’aube du bloc

    Brancardier, ce passeur de sérénité à l’aube du bloc

    Dans le parcours de soins, il est celui qui intervient à un moment charnière, là où le cœur s’accélère et où le silence des couloirs de l’hôpital, de la clinique, peut devenir vertigineux. Souvent perçu comme un simple maillon logistique, le brancardier est en réalité le premier rempart contre l’angoisse pré-opératoire. Rencontre avec Jérôme, brancardier, qui nous ouvre les portes de son quotidien où l’humain et la rigueur marchent main dans la main.

     

    L’arrivée en chambre : briser la glace et sécuriser

    Quand la porte de la chambre s’ouvre et que l’heure du bloc a sonné, le stress du patient est souvent à son maximum. Pour Jérôme, ce premier contact est capital. Il s’agit d’allier une vigilance technique absolue à une présence chaleureuse :

    « Il est important de se présenter, d’expliquer à la personne que c’est l’heure pour elle d’y aller, mais surtout de bien s’assurer que c’est le bon patient en lui demandant ses noms, prénoms et date de naissance. »

    C’est aussi le moment des dernières vérifications rassurantes (absence de sous-vêtements, d’appareils dentaires ou auditifs, envie d’aller aux toilettes). Une fois la sécurité validée, place à l’humain : « Il faut la rassurer le plus possible, lui poser des questions bateaux pour lui faire penser à autre chose. »

     

    Le trajet : naviguer entre technique et légèreté

    Allongé sur un brancard ou marchant vers son destin, le patient traverse les couloirs de l’hôpital dans un état de grande vulnérabilité. À ce moment-là, le brancardier devient un repère, un ancrage.

    Jérôme insiste sur cette présence continue : « Il est important de bien rester près de la personne qui est souvent stressée et à jeun, et qui donc peut se sentir mal. » Le secret pour désamorcer la tension ? La conversation, tout simplement. « Il faut continuer à lui parler de tout et de rien tout en lui indiquant le chemin à suivre. » Transformer un trajet anxiogène en une simple balade commentée, voilà toute la magie du métier.

     

    Le retour en chambre : assurer le relais en douceur

    Une fois l’intervention ou l’examen terminé, le rôle du brancardier ne s’arrête pas au transport. La réinstallation en chambre est un moment de transition qui demande de l’écoute et une vigilance partagée avec l’équipe soignante du service.

    Pour Jérôme, cela se résume à des gestes simples et bienveillants : « Demander à la personne si ça va, si ça s’est bien passé et si elle n’a pas trop mal. » C’est ensuite que le relais se fait dans les règles de l’art : « Prévenir le personnel du service dès l’arrivée en chambre que le patient est de retour et faire des transmissions le cas échéant. »

     

    Le message de Jérôme

    Parce que les mots ont un pouvoir thérapeutique immense à quelques mètres des portes du bloc opératoire, Jérôme a développé une approche profondément rassurante pour les patients les plus anxieux. Un message de confiance et de bon sens qu’il garde toujours en tête pour clore son accompagnement :

    « Quand je vois un patient particulièrement stressé par son intervention, généralement je lui dis que le chirurgien sait ce qu’il fait, que d’autres patients ont eu cette intervention avant et que ça s’est toujours bien passé. »

     

    Un immense merci à Jérôme pour ce témoignage. Son rôle nous rappelle que la médecine de pointe ne serait rien sans ces professionnels de proximité qui, par un sourire ou une parole « bateau », savent remettre de l’humain là où la technique impressionne.